Dav, le troglopathe.


Tailleur de pierre de son état, troglopathe patenté, ce quadragénaire installé à Saint Germain sur Vienne (37), possède un talent parmi d’autres, celui de vous faire voyager dans le temps. Le temps jadis qu’il restaure avec instinct, amour et anticipation. David Galeron, tailleur de pierre hors-pair, qui possède deux atouts majeurs, ses mains et la parole, qu’il mets sans réserve aucune au service de la mémoire.


La connaissance de la pierre

Dav, le troglopathe.
L’entretien dure plus de deux heures, « à pierres rompues ». J’en apprends autant sur l’homme que sur la pierre elle-même. Le tuffeau s’éclaire d’un jour nouveau : chaque tailleur de pierre a une façon particulière de l’appréhender. David évoque l’art roman, le gothique flamboyant…peut être sa naissance remonte t’elle à cette époque. J’apprends le chapin (sciure de pierre), les gestes sûrement acquis au fil du temps et des expériences, je découvre les appareilleurs (ceux qui préparent, dessinent, numérotent  pensent les futures découpes), les débiteurs (aux gestes lents et précis), les calpineurs (ceux qui préparaient la découpe des blocs de tuffeau de façon à n’en perdre qu’une miette), bref l’art de la pierre. Celui du trait est complémentaire : appris à l’école Saint Lambert à Paris (formation des appareilleurs) cet art âprement disputé entre les compagnons charpentiers et les compagnons tailleurs de pierre est décisif entre autre chose pour la précision des joints. Pour compléter le tout, il faut savoir manier, les charges, forces et autres contraintes imposées par la taille et la tuffe.

L’amour du métier

Dav, le troglopathe.
David a le respect des anciens. Il évoque un parcours initiatique chanceux : la rencontre d’Annie Brétheon, l’enseignement de François d’Orglande (compagnon tailleur de pierre), celui de l’Ecole Saint-Lambert qui avait l’avantage de mettre les jeunes novices, les mains dans le cambouis : « l’intérim » avant la lettre.
Le temps passe, les rencontres s’enchaînent, Guillaume, jeune apprentis comme lui, Chartres escaladée de nuit pour en percer les secrets. David apprend, curieux de tout, la pierre, le trait, et le temps : celui dévolu à la pierre qui sèche, celui imparti pour réaliser une "tranche droite" parfaite, celui dédié à la lecture de la pierre et à la réflexion.
Le métier  « rentre » au fil des lieux : après Chartres et les facéties, ce sera le Louvre, La Basilique Saint-Denis, le Château de Saumur, le travail chez Fonteneau, dix ans de labeur, de découverte, pour être confirmé avant de monter son entreprise « Dav Pierre ». Son activité se répartit entre la réhabilitation (70%) et la création (30%). Les chantiers s’enchainent, pour l’Eglise Saint-Michel à Montsoreau , il s’adjoint un premier apprenti, Matthieu qui travaille depuis cinq ans avec David. Aujourd’hui trois apprentis les entourent.

La passion des troglos

Annie Brethon avait accueilli les jeunes insolents visiteurs de la cathédrale de Chartres à Rochemenier. David découvre alors les troglos et… tombe dedans. Intarrisable il continue aujourd’hui ses investigations, c’est ainsi que je découvre la « Fosse Rouge » en sa compagnie. Le troglopathe rejoint Patrick Saletat, vous savez notre insaisissable comète locale, et part restaurer des cuevas…devinez ou ? En Espagne, du coté de Valence, à Paterna ou Patrick construisaitt un château de sable… De l’expérience, il garde un joyeux souvenir et se montre toujours désireux de nouvelles aventures troglodytiques.
Troglonautes.com l’a mis en appétit pour aller prochainement en Andalousie…  Quoi de mieux , vivant la pierre que d’aller « bouffer » du troglo en Espagne ! Histoire de prendre quelque vacance bien méritée. Et oui Dav, un prété pour un rendu !


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Mardi 31 Janvier 2012 à 06:14 | Lu 757 fois