Chronique troglo : Ernestine Chasseboeuf


Tandis que nous nous apprêtons à investir le Gennois, notre ami le "trogloman de Gennes", alias Messire Gilbert Boisbouvier a décidé d'apporter sa contribution au portail pour nous faire partager son "gai savoir". Les Trogs le remercient par avance pour sa participation aux articles qui suivront sur cette "contrée" qu'il connait comme sa poche. Aujourd'hui, il a décidé de nous entretenir au sujet d'Ernestine Chasseboeuf.


Chronique troglo : Ernestine Chasseboeuf

Chronique Troglo - Glossaire du patois des Troglodytes du Dessous : la langue des Troglos de naguère.

Lors d'une visite chez ma maman à Angers, j'ai fait une découverte insolite qui concerne les troglodytes et tous les troglos (hommes et femmes) de notre belle province d'Anjou.
Posé là parmi les cartes postales anciennes et les petits papiers "à penser" , sur le frigo de la cuisine, un fascicule de très petit format  a attiré mon attention. C'est plutôt le titre qui m'a fait bondir " Glossaire du patois des Troglodytes du Dessous"
J'ai tout de suite penser à l'ami Patrick, notre " Mistertrog ", qui s'échine à nous causer du monde du Dessous dans son Portail des Troglonautes.
Voilà donc une occasion unique de vous faire partager ma relecture de ce petit bijou de la littérature angevine : un peu de Lettres dans ce monde virtuel des vidéastes et photographes de tous poils (je suppose, car je n'ai pas été voir !) Ca ne fera pas de mal, plutôt que du bien !
Littérature ?... oui Mossieur !!!,  car il s'agit d'une auteure  bien connue  chez le lecteur  avisé. Il s'agit rien de moins que de notre Ernestine Chasseboeuf  "héroïne gennoise", "régionale" (et nationale parce que connue jusque dans les salons de l'Elysée)
Pour ceux qui ne connaitraient point Ernestine et qui souhaiteraient qu'on leur en cause, sachez ce que Wilkipédia nous en dit  :


Cher Astolphe

Chronique troglo : Ernestine Chasseboeuf
                                                                                                                      A  Astolphe,
 
 Quand j’étais qu’une jeune fille, il y a lurette, je m’intéressais beaucoup aux choses de l’ancien temps. C’est pourquoi j’avais un amoureux que je voyais en cachette, il s’appelait Astolphe. Mes parents m’avaient interdit de le fréquenter parce qu’il était sicroumeux. Les sicroumeux dans la région de Saumur, c’était les albinos, ça portait malheur. Quand on en croisait un, fallait dire une prière ou se faire vite cracher derrière l’oreille. Ils avaient même un coin à part au fond de l’église et fallait qu’ils arrivent cinq minutes après nous et qu’ils partent cinq minutes avant pour qu’on les croise pas. Autant vous dire que si on m’avait pincée avec mon amoureux, on m’aurait fourrée tout droit au Bon Pasteur pour apprendre la broderie et à laver par terre. Alors, c’est la nuit en cachette et que je le voyais. C'est lui qui m'a tout appris de la vie. J'étais déjà grande, je savais lire et écrire, alors quand on avait fini nos affaires je sortais mon carnet et je notais tous les mots qu'il connaissait et tout ce qu'il me racontait sur la vie des anciens . Il en savait beaucoup et comme il avait cinquante-quatre ans de plus que moi, ça nous ramenait loin dans l'autre siècle, au temps de ses aïeux Crapaillauds, qui étaient dans les derniers à vivre encore sous terre à l'époque, quand il était enfant. Faut pas confondre avec les troglodytes comme on les connaît maintenant, ceux qui vivent dans des musées et qui mangent des fouées, non, les miens c'est ceux qui vivaient plus profond, les troglodytes du dessous.
 
Je l’ai retrouvé l’année dernière, mon petit carnet, et comme je ne voudrais pas que tous ces mots soient perdus, je les ai rangés dans une sorte de dictionnaire, à la mémoire de tous ces vieux-là, disparus sans avoir beaucoup vu la lumière du jour. Je l’ai un peu complété avec tout ce que j’ai appris depuis, et d’aucuns m’ont donné des citations que je ne connaissais pas. Vous reconnaîtrez quelques mots qu’on utilise encore comme trupionne ou cul-pelette, mais la plupart sont oubliés et c’est bien dommage parce que des fois je pense à Astolphe, et ça me manque.
                                                                                               Ernestine Chassebœuf

Petit complément éducatif

aïeux : ancêtres sentant fortement l'ail ou/et mangeant de l'ail (et lycée de Versailles) (ndrl)
 
et,... les commentaires empruntés dans le Glossaire du patois des Troglodytes-du-dessous pour expliquer certains "Troglomots" du texte d'Ernestine.
 
Sicroumeux : Sorte d'albinos. Les Crapaillauds, obligés de vivre cachés, contractaient souvent des mariages consanguins, très productifs en sicroumeux, disait-on
 
Crapaillauds : Nom donné aux descendants des protestants réfugiés dans les souterrains de la région saumuroise après la Saint-Barthélémy. Ils ne sortaient que la nuit pour marauder dans les jardins. Parfois on en rencontrait dans les foires, ou ailleurs. On les reconnaissait à leurs yeux glauques et à leur peau presque verte tellement qu'elle était blanche.   Synonyme : Troglodytes-du d'sous
 
Trupionne : Comme la foutrenille, mais en plus gras
 
Foutrenille : synomyme de Trupionne mais en plus maigre
 
Cul-pelette- (Faire cul-pelette) : C'est oublié, on sait plus ce que ça veut dire, mais on le dit encore souvent par habitude.
 
 
pour en savoir plus sur la vie et l'oeuvre d'Ernestine Chasseboeuf voir  http://clo.p.pagesperso-orange.fr/Chasseboeuf/Biographie.htm

A SUIVRE ...
 
signé
le Trogloman de Gennes


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Mercredi 31 Octobre 2012 à 06:00 | Lu 676 fois