Architecture et troglodytisme à Santorin


Ici, la nature dicte à l’homme son habitat, dans ce hérissement de lave volcanique fait de verticalité. Le haut des précipices s’achève par des marches qui forment des terrasses composées d’un agglomérat de sable et de lave facile à creuser. Vue imprenable sur la Mer Egée.


Où l’ingéniosité pallie aux manques de ressources

Architecture et troglodytisme à Santorin

Sur cette terre aride qui n’offre ni eau, ni argile pour les tuiles, ni bois pour la charpente,  ni  ardoise pour la construction de murets, la solution du creusement permet de résoudre le manque de matériau de construction et la difficulté du transport. Des tunnels horizontaux sont percés dans la falaise, et parfois prolongés en façade par un parement de pierres volcaniques rouges ou une simple voûte recouverte d’un enduit traditionnellement gris. Une courette badigeonnée à la chaux vient fermer la maison.  Les dépendances miniatures, cuisine, toilettes et poulailler, ainsi que la citerne, sont construits dans la cour. Des décorations aléatoires de pierres de  lave noire, rouge ou grise, apportaient traditionnellement une touche de couleur, aujourd’hui remplacée par des badigeons de bleu ou des ocres couleur carte postale. Les villages tombent littéralement dans les abîmes, retenus par ces ingénieux  travaux de terrassement vertigineux, dédales d’escaliers étroits qui serpentent entre les habitations et nombreuses chapelles.  Au pied des précipices, quelques cabanes de pêcheurs, elles aussi creusées dans la roche, ne semblent accessibles que par la mer.


Un intérieur intime et frais

Architecture et troglodytisme à Santorin

Aux heures chaudes, on  croise  dans les ruelles plus de chats et de chiens affalés que d’habitants, enfouis dans leurs « scaftas ». Les dimensions de ces maisons restent  modestes, et point ici de caves qui s’enfoncent profondément dans le rocher. Deux, voire trois pièces se succèdent sous la voûte. La porte extérieure, encadrée de deux fenêtres et surmontée d’une lucarne éclaire le salon, séparé de la chambre du fond par un muret, lui-même percé d’une porte, de deux fenêtres et d’une  lucarne. Une dernière pièce au fond, sans lumière, sert d’entrepôt. Ici, pas de problème d’aération ou d’humidité, tant l’air est sec. Les troglos santoriniens sont donc sains et apportent une sensation de fraîcheur dans la fournaise solaire. Ayant mieux résisté au grand tremblement de terre de 1950, ces habitations ont fait depuis l’objet de restauration au profit du tourisme et se vendent à prix d’or. Au coucher du soleil, à l’abri du rocher, on contemple ce paysage à la fois magnifique et  terrifiant, dompté par le génie humain. Nous sommes bien au pays où les hommes et les dieux se rencontrent.
 


 

Lady Trog : texte et photos



Rédigé par Renée Frank le Dimanche 3 Juillet 2011 à 08:01 | Lu 593 fois