A la recherche de Clovis Ménard


"L'aspect des carriers est en général sinistre.- Le jour, leur œil clignote, - à l'air, leur voix est sourde". (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes - La Rue de Diane à Fontenay-aux-Roses,)
C’est un point de vue qui n’engage que son auteur. De celui que nous vous présentons aujourd’hui, nous ne possédons que de fragmentaires informations, sinon ce portrait réalisé par un photographe de passage qui l’a immortalisé. Nous sommes partis à la recherche d’un temps révolu.


Clovis Ménard, carrier à Doué-la-Fontaine

A la recherche de Clovis Ménard
73  rue de Montreuil, Doué-la-Fontaine. Nous rencontrons les propriétaires actuels de la maison occupée par Clovis, heureux et avides de ce contact. La cérémonie de la vente de la maison est restée dans leur mémoire.
« il n’a jamais voulu vendre la maison avant d’avoir « topé » dans la main… durant la signature, pas de présence féminine, ma femme a du rester à l’extérieur. Et après, il a sorti une jarre de « goutte » pour sceller la vente. 
Quelques années plus tard, il est revenu voir son ancienne maison, restaurée, et a fait un malaise. »

En effet, les caves ont été comblées par le couple et du passé il ne reste que des souvenirs enfouis à jamais. Clovis vivait à l’ancienne, peu d’eau, pas d’électricité, en tous cas sûrement quand c’était juste nécessaire.
Reste de l’époque un pressoir entreposé par le couple dans le garage.

Où les Trogs décident d'abandonner leurs recherches

A la recherche de Clovis Ménard
On arrive à joindre la cousine de Clovis qui l’a accueilli chez elle les trois dernières années de sa vie, nous raconte sa fille. On en apprend un peu plus sur le caractère du bonhomme et sur sa famille.
On l’appelait « le gaulois » (devinez pourquoi …). Clovis Auguste Menard est mort à 87 ans : « il avait tout prévu pour son enterrement dans les moindres détails. Il fumait le mégot, taciturne, il ne parlait à personne. »
« il arrivait à la maison, s’installait près de la fenêtre à lire le journal du jour et ne disait mot »
On sait aussi qu’il  travaillait dans les carrières des actuelles Perrières, qu’il partait tôt le matin. Il a des frères et des soeurs, a été marié, mais n’aimait pas trop les enfants. Parfois jovial, blagueur. Il aimait la pêche.

Voila. Un point, c ‘est tout. Cela méritait un portrait, témoin d’une époque malgré lui. Parce que Clovis n’aimait pas parler de lui. Peut-être devons nous respecter son silence. Mais dorénavant, au cours de vos lectures ou recherches sur ce métier de carrier, dur labeur, souvent effectué par des paysans pour  “arrondir les fins de mois” où il fallait tirer les pierres, maintenant disparu, vous restera l’image de Clovis Ménard.

Nous remerçions Madame et Monsieur Gaston Hilaire, Monsieur Lemonier, pour les renseignements fournis ainsi que Mr Mérand, (portrait de Clovis Ménard, offert à la famille).


Rédigé par Patrick Edgard Rosa le Mercredi 28 Septembre 2011 à 13:26 | Lu 540 fois